transceiver DZ Sienna par DZ Co
extrait de radio-amateurs magazine
Nous avions déjà évoqué ce transceiver dans les colonnes de Ondes Magazine et de 100% Radioamateur à une époque où, finalement, la société n’était pas tout à fait prête à le commercialiser. Aujourd’hui c’est chose faite et DZ Co. propose ce magnifique transceiver en kit.
Restée fidèle à son idée de départ, la société propose en réalité un demi-kit, un peu à la Heathkit. Les platines les moins ardues à monter et à mettre au point sont à la charge du propriétaire tandis que toutes celles qui sont plus pointues sont déjà assemblées, testée et réglées. Il est clair qu’avec les technologies actuelles mises en oeuvre pour obtenir un transceiver performant il est très difficile pour un particulier de souder ou de mettre au point certains circuits. DZ s’en charge pour nous. Plusieurs versions sont disponibles, du récepteur ondes courtes à 900 dollars US au transceiver complet, 100 watts HF à 2300 dollars US.
Avec ou sans boîte de couplage intégré et avec ou sans face avant, les versions nécessitent toutes de la patience pour être montées. En fait, la stratégie modulaire est intéressante puisque, en partant du récepteur piloté par un ordinateur et sans face avant qui coûte 900 dollars US il sera possible d’augmenter
au rythme de son “pouvoir d’achat” les performances de votre station. Bien entendu, il y a fort à parier qu’arriver au bout l’ensemble aura coûté bien plus cher que s’il avait été acheté en une seule fois.
D’un autre côté cela permet d’étaler ses dépenses. Le manuel de montage est particulièrement bien travaillé et documenté.
Il rappelle ceux de la glorieuse maison Heathkit avec ses présentations point à point et ses cases à cocher lorsqu’une étape est franchie. Techniquement, ce transceiver repose sur des bases de conception saines et éprouvées, pas de blabla c’est du sérieux. Du côté récepteur on trouve un triple changements de fréquences. La première chaîne FI se trouve sur 70 MHz afin de rejeter les fréquences images. Un filtre de toiture
(roofing filter) peut trouver sa place afin d’améliorer la dynamique de réception. Derrière, on retrouve deux FI
des plus classiques à 9 et 0,455 MHz. Toujours en observant le synoptique on se rend compte au niveau de l’émission que la conception est à simple changement de fréquence.
D’un point de vue technique sur l’émetteur du Sienna
En effet et curieusement on trouve le modulateur DSB fixé sur 4915 kHz avant d’arriver sur le seul et unique mélangeur de la chaîne. Il opère par soustraction de fréquence entre celle du modulateur et celle venant de l’oscillateur local d’émission. Celui-ci couvre de 6 à 35 MHz. On retrouve à sa sortie les différences soit 6 – 4,915 MHz à 35 – 4,915 MHz. La couverture spectrale des bandes amateurs en ondes courtes est ainsi atteinte. En revanche, si le bloc marqué TX BPF souffre d’une faiblesse au niveau du réglage des filtres de bandes qui s’y trouvent, on risque de voir apparaître sur ses émissions de jolies “fréquences images”. Autant vous dire que ce qui est vrai du côté d’un récepteur l’est tout autant en émission. Expliquons-nous.
D’abord, nous n’avons pas dit que la qualité du filtrage n’était pas bonne, mais prenons l’exemple comme si c’était le cas. Que se passerait-il au niveau du rayonnement de l’antenne ? Surtout en tenant compte des 40 à 50 dB de gain obtenu entre la sortie du mélangeur et la sortie “100 watts” sur l’antenne. Ce qui va suivre est d’autant plus vrai qu’à priori, la sortie du mélangeur, avant les filtres, est apériodique. En conséquence, les signaux additifs et soustractifs ont la même amplitude. Tout ceci posé, donnons l’explication de ce qui nous tracassent et qui va nous replonger joyeusement dans l’histoire il y a une bonne vingtaine d’années avec les FI à 9 MHz et les VFO à 5 MHz. Si l’on fait rentrer sur un mélangeur deux fréquences on obtient à sa sortie une nouvelle paire de fréquences. Elles vont être espacées de deux fois la valeur de la FI. Par exemple, si la FI est de 4915 kHz dans le cas du Sienna et que l’on souhaite opérer sur 14,200 MHz, l’OL
devra avoir une fréquence de 19,115 MHz. Comme la sortie du mélangeur est apériodique, c’est même l’une de ses principales caractéristiques, on va aussi “voir” une fréquence de 19,115 MHz + 4,915 MHz, soit 24,030 MHz.
Comme les amplificateurs linéaires qui suivent sont également à large bande, on risque si on filtre mal, de se retrouver sur l’antenne avec deux fréquences d’émission. C’est ici quand même qu’arrive l’intérêt des mélangeurs en quadrature de phase comme ceux employés chez ICOM. Cela dit, il ne s’agit que de spéculations, certes fondées sur un socle technique indubitable mais spéculations quand même. En effet, si vous regardez de plus près le synoptique de la partie “émission” on voit nettement se détacher en gras un bloc marqué “TX BPF”, en français, “filtres de bandes de l’émetteur”. Cela dit, nous restons convaincus qu’en ayant utilisé une dernière FI à 70 MHz ces problèmes de double fréquences auraient permis l’économie de filtres de bandes difficiles à réaliser et à régler si on les veut efficaces. Ceci n’est que notre point de vue et ne retire rien au puissant tempérament de ce transceiver.
Un dernier point sur lequel nous avons du mal à être en accord avec les concepteurs. Ils expliquent sur leur site les motivations qui les ont poussé à traiter les signaux en analogique. On nous explique les inconvénients des DSP et de la SDR mais qui va se plaindre des tous derniers ICOM qui sont basés sur ces
deux technologies ?
Nous pensons sincèrement que le choix du traitement des signaux en analogique est un bon choix dans le cadre éducatif du Sienna et, que par ailleurs, le choix des technologies modernes chez ICOM est aussi une aubaine pour les utilisateurs.
Le schéma synoptique et quelques photos sont disponibles aux pages 9 à 12 de radioamateur-magazine numéro 5

