Essais du récepteur SDR ELAD FDM77
Les essais du récepteur SDR ELAD FDM77 par F1FYY
Pour ceux qui ont lu le numéro 2 de 100%
Radioamateur ont pu découvrir les prémices
des essais de ce récepteur. Nous ne
démordons pas de notre premier point de
vue, ce récepteur est très performant et d’une
redoutable qualité d’écoute, le DRM est un
vrai plaisir. Au cours de cet article nous allons
rajouter quelques notions complémentaires. La
société Intertechnologie distribue pour la
France et la Belgique cette gamme attractive.
Tout d’abord rappelons qui est Elad.Cette
société conçoit et fabrique de nombreux
produits radiofréquences dans les
domaines de l’avionique,le médical,métrolo-
gie,technologies sans fil,etc.Autant dire son
expertise pour concocter une ligne de pro-
duits destinés aux radiocommunications.
Cette dernière branche d’activités est née
avec l’avènement du DRM. Elad propose
d’ailleurs toute une gamme de convertisseurs
dont les 2 seuls points communs sont la fré-
quence FI de sortie,le fameux 12 kHz.Ondes
Magazine a déjà présenté de nombreux arti-
cles permettant de modifier tel ou tel récep-
teur en vu d’y connecter un démodulateur
DRM. Mais en fait, ce que l’histoire ne disait
pas encore c’est qu’à partir du moment où le
12 kHz rentre sur la carte son de l’ordinateur,il
est possible de le manipuler à sa guise afin de
démoduler ce que bon nous semble.C’est de
là que l’expression SDR prend tout son sens.
En effet,avec une structure physique de base,
le FDM77 par exemple,il devient possible de
démoduler n’importe quel signal dans n’im-
porte quel mode,il suffit juste pour cela que
l’ordinateur calcule le bon algorithme. Tout
est dans le programme informatique.
Ayant eut en même temps les SDR1000 et le FDM77 nous allons pouvoir donner un avis comparatif entre les deux appareils. Par contre, il faut savoir que l’un comme l’autre puisent fortement sur les ressources du système informatique et qu’en dessous d’une configuration PC PII 733 MHz et 256 MO de RAM l’ex-
ploitation devient impossible. Tout pareil pour ce qui est de la carte son,on y revient, elle est elle aussi le point récurent de ces technologies. Pour l’exemple,avec le PIII 733
et une carte Sound Blaster Live,pas n’importe quoi mais bas de gamme quand même, la reproduction des signaux est fortement hachée. En effet,cette carte n’est pas autonome du système et sa puissance d’échantillonnage reste bien inférieure aux besoins. Par contre,avec la carte Delta M-44 aimablement prêté avec le SDR1000 les choses s’améliorent mais on sent bien que le PIII 733 «tire la langue». Les mêmes manipulations réalisées
autour d’un AMD 1600 768 MO de RAM ont
démontré une qualité absolument époustou-
flante.Si l’on rajoute des enceintes amplifiées
de qualité HiFi cela devient presque incroya-
ble.En écoutant les QSO du soir sur 3625 on
pouvait jouer sur la bande passante en fonc-
tions des opérateurs et obtenir un rendu opti-
mal sur chacun d’eux.Pour France-Inter,c’est
tout de même,on ajuste l’égaliseur de bandes
audio, la bande passante afin d’optimiser la
reproduction sonore. Toutes ces manipula-
tions se font en un tournemain à grand ren-
fort de clic de souris.Au niveau qualité HF à
proprement parler,le FDM77 se défend plutôt
pas mal et il lui faut des signaux très puissants
pour qu’il commence à les déformer.
Que se passe-t-il dans le FDM77 ?
Contrairement aux technologies SDR clas-
siques dans lesquels le traitement numérique
se fait au plus près de l’antenne,on se retro-
uve ici avec un enchaînement classique d’é-
tages mélangeurs, filtres et autres amplifica-
teurs FI analogiques.Autrement dit,on pour-
rait connecter directement un démodulateur
AM,FM ou BLU sur la sortie 12 kHz que l’on
pourrait se passer de l’ordinateur,et du même
coup de toutes les possibilités offertes. Cela
dit,la sortie 12 kHz est directement exploita-
ble par une diode pour de l’AM, un circuit
accordé pour de la FM,un détecteur zéro FI
pour la CW et BLU,etc.
C’est de l’analogique qui en sort. Rassurez-vous,cela ne gâche rien à la qualité de ce produit.En revanche c’est un DDS qui sert d’oscillateur local,il est contrôlé
par le bus USB.Décryptons en quelques lignes ce schéma synoptique.
Les principes qui animent ce FDM77
L’étage d’entrée se décompose en deux sous-ensembles :
L’un sert d’accès haute impédance dotée d’un
amplificateur de 20 dB. C’est ici que nous avons connecté l’antenne AOR LA 380.le cou-
ple FDM77 et LA380 est quelque chose d’homogène.L’autre accès est purement destiné à
une antenne classique,50 ohms.Il vient ensuite un circuit permettant de mettre en service
(ou non) un atténuateur de 15 dB qui précède un premier sélecteur de gamme. Ce dernier agit avec deux filtres passe-bande commutables, le premier couvre de 9 à 500 kHz et le second de 500 kHz à 65 MHz. Nous arrivons maintenant sur une batterie de 7 filtres passe-bande commutables, le dernier d’entres eux commence à couper à 55 MHz. Une chose intéressante est ici à noter car le préamplificateur d’entrée se retrouve derrière ces filtres de bandes et non devant comme par trop souvent observé.Tous les signaux de 0 à 65 MHz vont se voir transformé irrémédiablement en une première FI de 70 MHz.C’est sur ce premier mélangeur que le DDS vient apporter son signal pour permettre l’opération.
Un filtre et un amplificateur FI complètent cette pre-
mière étape. Le gain de l’amplificateur est
ajusté par le circuit de contrôle de gain auto-
matique ou manuel piloté directement par le
logiciel. L’opérateur du récepteur peut agir à
tout moment sur la quantité de gain ou la
rapidité d’exécution du processus d’AGC.
Le gain manuel vient du canal USB mais le
gain automatique (l’AGC) est lui,mis en forme
de manière analogique par détection à diode.
Cela ne l’empêche d’ailleurs pas de se voir
piloté par l’ordinateur. Le second mélangeur
va transposer vers 455 kHz la première fré-
quence intermédiaire, suivit de deux filtres
commutables via le panneau de contrôle puis
enfin, le troisième mélangeur qui donnera
accès au savoureux 12 kHz enfin disponible
pour le traitement numérique par l’ordinateur,
non sans un dernier filtrage de catégorie
passe-bas.

La mise en service
Elle est simple au sens théorique du terme.
Dans la pratique,il est clair que le géniteur de
ce produit aura des efforts à prodiguer afin
d’améliorer l’affaire. Expliquons-nous. LES
ÉTAPES restent simples mais elles sont trop
nombreuses et risquent de noyer l’utilisateur
novice aux techniques lunatiques de l’infor-
matique. En effet, rassurez-vous, rien de bien
grave mais on doit seulement réaliser des
tâches manuellement alors qu’un bon installa-
teur de logiciel est capable de le faire tout seul.
C’est loin d’être compliqué mais concentrez-
vous bien lors de l’installation. Cette étape
réalisée,reste à lancer le programme,ci fait ci
fait,voici le panneau de configuration qui s’af-
fiche.Il vous demande sur quelle carte son (si
vous en avez plusieurs) vous rentrez le 12 kHz
et sur laquelle vous avez branché vos encein-
tes amplifiées.Cliquez sur OK et vous voilà au
monde de la radio numérique,même si vous
n’écoutez que des stations analogiques.
Celles-ci sont échantillonnées et numérisées quand même.
L’utilisation et les fonctions essentielles
Le panneau de contrôle principal recense
les fonctions essentielles d’un récepteur.En
revanche, si l’on actionne le bouton ADV
on est en présence d’un spectrographe,
analyseur audio, oscilloscope, gestion du
DSP au niveau des bandes passantes,filtres
notch,etc.Un atout,fortement apprécié ici
est la présence d’un keypad qui permet de
rentrer directement les fréquences au cla-
vier.
Cela n’a l’air de rien mais force est de
constater que le changement de fréquence
avec la molette de la soris reste assez «dras-
tique» dans son maniement. Il y a aussi la
possibilité d’installer une roue Griffin qui
fera office de vernier «du futur» si l’on
ouvre encore un peu son porte-monnaie.
Les pas inter fréquence vont de 1 Hz à 10
Mhz avec une résolution d’affichage de 1
hertz.Le S-mètre donne une touche analo-
gique à ce récepteur finalement numérisé,
il affiche les points S et la correspondance
en dBm sous 50 ohms.Autre indication de
la force des signaux reçus est le bargraph
de DEL sur la face avant de la partie phy-
sique de l’appareil, elles procurent le plus
bel effet avec leurs couleurs bleutés.Parmi
d’autres,nous disposons aussi de deux VFO
et des mémoires qui vont avec, mais aussi
d’un scanner. Celui-ci est très efficace et
l’on peut ajuster la vitesse et le pas de
balayage, il est possible de scruter tout le
spectre d’un coup, cette fonction plaira et
montages.
Que pourrions vous dire de plus
sur cet appareil si ce n’est qu’il fonctionne
comme une horloge et que l’essayer c’est
l’adopter.La démodulation du DRM néces-
site énormément de puissance de calcul et
puise fortement sur les ressources systè-
mes, le PIII 733 MHz était vraiment trop
juste pour ce mode, sur l’AMD 1600 tout
rentre dans l’ordre.C’est aussi un excellent
récepteur de complément d’une station,
pour les contrôles visuels de modulation
par exemple.
On aurait aimé une sortie USB ou FIREWIRE
directe des données déjà numérisées dans
le FDM77, tout comme pour le SDR1000.
Cela ne doit pas vraiment coûter plus cher
pour le fabricant et éviterait l’usage de la
carte son. Elle serait ainsi libre pour autre
chose, ou du moins, cette sortie USB/FIRE-
WIRE devrait se trouver en option.En effet,
si l’on regarde le prix d’une carte Delta 44
cela vaudrait vraiment le coup d’être pré-
sent au catalogue. Vous aurez remarqué
qu’à l’analyse du schéma synoptique, on
apprend avec le FDM77 que si l’on utilise
n’importe quel récepteur existant auquel
on rajoute un mélangeur terminal 455/12
kHz qu’il devient possible de réaliser un
démodulateur SDR. En effet, Elad produit
des mélangeurs de très haute qualité per-
mettant de rentrer du 455 kHz,10.7,21.4 et
60.455 MHz et de sortir le 12 kHz en direc-
tion de la carte son.Elad fabrique aussi un
analyseur de réseau qui grimpe gentiment
jusqu’à 2.5 GHz.
Regards from Philippe, F1FYY

